Les produits de traitements des animaux responsables de la mort de milliers d'abeilles dans les Pyrénées.


Des petits veaux d'élevage quelque part dans les pyrénées

Suite à l'effroyable hécatombe de l hiver 2013/2014 ou plus de 8000 ruches ont été anéanties. Un laboratoire du CNRS a clairement mis en évidence la responsabilité des produits de traitements antiparasitaires des animaux. Les analyses pratiquées sur les abeilles mortes révèlent la présence de nombreuses molécules de dégradation de ces substances
(plus de détails ici)

Les substances toxiques présentes dans les excréments des animaux polluent les sols et les plantes. les abeilles ingèrent des doses infinitésimales non létales qu'elles vont stocker et concentrer dans les graisses.
Mais ce n'est qu'a l'arrivé des premiers froids, quand les ruches auront regagné leurs emplacements d'hiver dans la garrigue, que les abeilles en puisant l'énergie dans leur graisses vont s'intoxiquer avec la concentration de ces poisons et mourir loin des lieux ou elles ont été contaminées en montagne.

La consommation de viande d'élevage est elle devenue dangereuse pour la santé ?

Les consommateurs sont en droit de savoir ce qu’ils mangent : Si ces produits injectés au animaux peuvent, par bouses interposées tuer des abeilles plusieurs mois après l'intoxication, on est en droit de se demander quel en est l'impact direct pour l'homme qui consomme la viande ?
On sait que les molécules chimiques diverses s'accumulent dans les graisses et peuvent créer des synergies entre elles. N'y a t il pas un lien de cause a effet entre toute cette chimie que l'on ingère quotidiennement et la recrudescence de toutes ces maladies modernes.

Peu de bruit autour de cette affaire

Peux de gens ont entendu parler de cette affaire, pourtant au lendemain de la conférence de presse donné par les scientifiques à la maison de l'apiculture à Ile sur têt, les journaux locaux ont fait leurs gros titres sur ces découvertes.

L'affaire n'a pas été bien loin, vite étouffée pour protéger les intérêts de la filière élevage.
Le syndrome de la vache folle est toujours présent dans les esprits, l'amplitude de l'information autour de cette crise avait fait chuter considérablement la consommation de viande.


La disparition des fermes paysannes

Ces petits veaux sont plutôt mignons avec leurs piercings et leurs tatoues, on ne pourrait les suspecter de vouloir nuire aux abeilles et pourtant ils font certainement parti d'un élevage bien normalisé. La ferme traditionnelle n'existe plus que dans les livres de Pagnol, elle a cédé sa place à l'exploitation agricole. Des exploitations toujours plus grosses on parle maintenant d'une ferme de plus de milles vaches. le paysan a été remplacé par le financier.
Ces structures industrielles sont devenues énormes, et la concentration des animaux est si importante que des traitements préventifs sont le plus souvent administrés sans soucis des conséquences, l'ultime finalité étant toujours la rentabilité immédiate au détriment de la qualité des productions.

Certains villages de montagne comptaient autrefois plus de 30 familles qui vivaient principalement de l'élevage. Chaque ferme avait son potager, son poulailler, ses arbres fruitiers. On faisait venir quelques cochons, quelques canards. les paysans étaient autonomes et ne devaient rien à personne. Ils étaient heureux.

Puis les  temps ont changé, il ne reste guerre plus qu'un ou deux exploitants par village qui se partagent l'ensemble des terres abandonnées par les anciens. Les jeunes exploitants se sont généralement lourdement endettés en investissant massivement dans des structures énormes (bâtiments et matériel etc... et ce sans aucune maitrise sur la commercialisation de leur produits.
En conséquence, un grand nombre d’agriculteurs n'arrivent plus à faire face, les révoltes éclatent ici et la, on brule pneus et administrations sans discernement.

Une situation vraiment paradoxale: quand on voit les maraichers s'en prendre au bien public, alors que les Amaps et autres filières de circuits courts recherchent en vain des producteurs capables de répondre à la demande grandissante des consommateurs pour des produits de qualité. les animaux traités peuvent polluer les sols avec les excréments


De biens mauvais souvenirs

Durant l hiver 2012 /2013 nous avons été durement éprouvé. Nous avons été les premiers touchés, une année avant les autres, c'est parfois difficile d'être le premier.

Nous avons perdu plus de 180 ruches des plus belles avec de jeunes reines promises à un bel avenir.  Les ruches avaient suivi le circuit habituel: montagne, garrigue et elles se sont effondré d'un seul coup à l'arrivé des premiers froid. On s'est posé beaucoup de questions sans comprendre ce qui s'était passé.

Ce n'est que plus tard que nous avons fait le rapprochement. Cette année là, nous avions récupéré un nouvel emplacement en montagne, sur les terres de jeunes éleveurs dynamiques. Ils avaient un bâtiment énorme tout neuf comme on n'a pas l'habitude d'en voir dans cette région. Ils avaient aussi beaucoup de vaches.....
En septembre comme la bruyère callune donnait bien, on y a porté encore plus de ruches pour faire la miellée et puis on les a redescendus dans la garrigue comme d'habitude pour faire le miel d inule.

A l'entrée de l'hiver après les miellées d'Inule et d'Arbousier les ruches étaient vraiment très belles.
En janvier, on ramassait les cadavres. Que d'abeilles mortes ! Un spectacle effroyable à en pleurer !

Aucune aide, aucun soutien. On n'attendait pas grand chose de l'administration, mais tout même pour les analyses la direction des services vétérinaire aurait pu prendre cela en charge, on a du se les financer nous même et curieusement on a rien trouvé.  Les gens du CNRS nous on dit à la conférence d'Ile sur Tet qu'à l'époque il ne disposait pas des moyens techniques adaptés. En tous cas pour la facturation ils n'ont pas manqué de technologie!

Les questions

Les éleveurs ont leur part de responsabilité mais c'est surtout dans l'ensemble d'un système qu'il faut chercher les failles et les remèdes.

Ces produits sont ils vraiment nécessaires ?  N’y a t’il pas d'autres produits de traitements plus doux, moins toxiques pour les animaux ?

Est-il normal que les vétérinaires soient à la fois prescripteurs et diffuseurs de ces produits phytosanitaires ?
N'y a t’il pas la une porte ouverte aux abus en tout genre ?



Nous ne voulons plus voir cela !


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